Lors de la réception de l'association V.A.A.( Visite aux Artistes), dans la galerie Arthé, le samedi 27 mars 2010, Jean- Marie Mémin a brossé un rapide historique du dessin à l'attention des membres de l'association.
C'est ce mémorandum que nous livrons à votre lecture.
|
" Petite histoire du dessin...." Jean-Marie Memin- mars 2010 - Galerie Arthé - Gaujac (30)
|
||
|
Petite histoire du dessin destinée à retrouver nos gribouillis qui continuent à se tracer dans l'inconscient de nos doigts d'enfants que nous sommes toujours. |
||
|
|
Préhistoire: Des peintures rupestres datant de plus de 10000 ans témoignent que le dessin a toujours été pour l'homme un souci constant.
Les Romains: Ils pratiquent l'incision. C'est un procédé de dessin des plus anciens, utilisant des pointes de métal (or, cuivre, argent ou plomb) sur un support en papier ou un parchemin recouvert d'un enduit de poudre d'os, de gomme arabique et de pigments colorés, qui permettent de donner à la "carta tinta" toutes les couleurs désirées. A noter d'intéressants graffiti à Pompéi.
La Renaissance: Les grands peintres de cette époque soumettaient leurs propositions sous forme de dessins achevés à leurs clients susceptibles de commander un portrait. Hélas, la plupart des études préparatoires étaient détruites une fois le projet terminé. La plume: le dessin à la plume est connu depuis l' Antiquité et est particulièrement fréquent à l'époque médiévale. Egalement utilisées dans le domaine de l'écriture, ces plumes étaient recueillis sur des cygnes, des corbeaux, des oies.
Le XVI° siècle: Le dessin a acquis un statut au même titre que la peinture. Vasari, l'un des fondateurs de l' Academia del disegno ( Académie du dessin) en 1563, et auteur des célèbres "Vies", ne manque pas de rappeler qu'il possède des des dessins de tel ou tel artiste dont il brosse le portrait. Il préfigure ainsi les grands collectionneurs.
Le XVII° siècle C'est le siècle du dessin. Les symboles graphiques composent une "théologie muette" ( Le Brun) et soutiennent la couleur par les règles du dessin (perspective, anatomie, composition et lois du clair-obscur).
Le XIX° siècle: La gravure sur bois est remise à l'honneur par Gustave Doré, Gauguin et Edward Munch. A la fin du siècle, le dessin, éclectique chez Auguste Renoir, qui associe volontiers la manière d'Ingres et celle de Rubens, marqué par le japonisme et par Watteau chez Toulouse-Lautrec, a surtout un avenir social: le dessin humoristique, héritier de Daumier, est édité par de nombreuses revues: Le rire (1894), dans laquelle Toulouse-Lautrec publia des lithographies, L'Assiette au beurre ou Le Figaro, avec des dessinateurs comme Forain, Steinlen, Caran d'Ache. Le suisse Rodolphe Töpffer invente la bande dessinée (Mr Jabot, 1835). En affirmant que "la concision est une nécessité et une élégance", Manet (1832 - 1883) caractérise bien le dessin.
Le XX° siècle: La transcription en gravure des dessins cubistes est dépassée par Jacques Villon (1875 - 1963) et le dessin surréaliste est illustré par Max Ernst et Salvador Dali (gravures pour les Chants de Maldoror de Lautréamont). Malevitch, Klee, Kandinsky, peintres et pédagogues, couvrent des cahiers d'études graphiques. Dunoyer de Segonzac, dessinateur et graveur de la nature, emporte dans une brouette ses plaques de cuivre couvertes de vernis, qu'il grave directement sur le motif. Picasso a la passion du dessin, du trait et de la calligraphie: il répète à foison ses thèmes favoris: saltimbanques, minotaures, fauves, bacchanales, corridas et colombes. Les arts graphiques se renouvellent entièrement: l'affiche est collectionnée, l'illustration de livres s'adjoint les plus grands noms (Matisse pour Pasiphaé de Montherlant, Chagall pour les Âmes mortes de Gogol, Masson pour les Conquérants de Malraux). La bande dessinée connaît en ce siècle un essor prodigieux.
Quelques dessinateurs qui m'influencent aujourd'hui: Roland Topor ( 1938 - 1997).
Guillaume Dégé, l'un des inspirateurs de Grand Hôtel Orbis. Il écrit: "Le dessin est un événement très faible, impuissant; ne s'y voient que la volonté d'un seul homme, et sa voix. Un art a capella".
Frédéric Pajak : né le 10 décembre 1955. Dessinateur et écrivain, auteur de "L' Immense solitude avec Friedrich Nietzsche et Cesare Pavese", "Orphelins sous le ciel de Turin", du " Chagrin d'amour", et de "Nervosité générale". Il a créé une revue "Le cahier dessiné" chez Buchet-Chastel.
Allan O. Bassmann. Je ne sais rien de lui mais il a inventé un personnage qu'il dit avoir trouvé dans une valise au milieu de dessins nombreux qu'il n'a pas complètement triés.
Glen Baxter. He was born in Leeds, a tiny suburb of Belgium, in 1944, est-il écrit sur son site.
Quand s'étire le menu peuple des traits:
Champ d'expression à dimensions variables, le dessin "contemporain" s'étend d'un côté au graff, de l'autre à la bande dessinée en étant publié par une myriade de petites maisons d'édition comme par auto-édition , comme c'est le cas pour moi-même. Ce type de dessin se pratique sur ordinateur, emploie le néon, la pyrotechnie, le collage, le pochoir sans toutefois dédaigner le crayon ancien voire la simple trace sur une feuille de papier noircie. Bref, c'est un domaine de création qui donne aux artistes et, même à ceux qui s'en défendent, une grande liberté de moyens et de formes. Envisagé à l'origine comme une expression libre et directe de la pensée de l'artiste, réservé à la sphère intime et chasse gardée d'un petit nombre de collectionneurs, le dessin est aujourd'hui pour de nombreux artistes une pratique artistique à part entière, "juste au bout de la main" comme le dit la jeune artiste Felicia Atkinson bien après Michaux. A Paris et désormais en province, des salons, des galeristes se "spécialisent" dans cette forme d'expression. Cela n'empêche pas aussi d'envisager la visibilité actuelle du dessin "contemporain" comme une façon, pour les marchands, d'approcher un public de collectionneurs qui, à terme, achèteront des œuvres plus importantes donc plus chères....
Dans le fourmillement de publications de traits et déliés, je me contente de laisser aller le petit peuple des traits à son destin. Celui d'une œuvre modeste mais curieusement sage parce que sans ambition que d'être. Foin du rutilement de la peinture, du poids de la sculpture et de l'éternité des bronzes, le trait se déploie dans le silence immanquable du support. En dessinant, mes doigts errent comme quand le dormeur rêve ou le mort se crispe ou le nourrisson s'essaie. Dessiner pour chasser les mouches du temps en commençant par leurs pattes. Juste avant de se faire laminer les phalanges par l'écriture. Dessiner c'est se rappeler qu' "une trace dans la neige ne reste que le temps du froid et que nos doigts ont mieux à faire que tracer ces petits "graffougnis".
En outre la légende parfois écrite dessous donne à la sobriété du trait un peu de consistance prouvant que ces croquis en peine de couleurs ont l'intimité murmurante et la frugalité de ce qui se contente de passer.
"Du charbon au numérique" comme j'ai pompeusement intitulé un de mes petits recueils veut montrer quoi que ce soit qui prolonge les doigts, la trace demeure comme l'infime de ce que nous sommes; souffle du nouveau né, nuages sur fond d'azur, cendres dans l'urne....
J-M Memin Pour cette modeste contribution au dessin, merci aux livres divers, à Wikipedia et aux sites qui m'ont inspiré comme à vous, qui m'avez lu jusqu'au bout.
|
![]() Bonjour quand même! (Jean- Marie Memin ) |
![]() Printemps (Jean - Marie Memin ) |
||
![]() Rien n'est moins ... ( Jean- Marie Memin ) |
||