M. René Migniot, professeur d'Histoire de l'Art, veut bien livrer une synthèse de sa conférence tenue, le 18 mai 2006, à la médiathèque de Bagnols sur Cèze.
Cette conférence, très structurée, était soutenue par la projection de nombreuses diapositives, donnant encore plus de corps et de saveur au propos de l'Historien.
C'est avec un grand intérêt que nous accueillons ce spécialiste de l'histoire de l'Art.
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René Migniot |
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Rencontre de l'Art moderne et des Arts premiers |
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Le début du XX ième siècle connaît une remise en cause sans précédent dans l'Histoire de l'Art. L'accueil, par les artistes, des cultures tribales provoque un questionnement et un élargissement des pratiques. L'art tribal, successivement qualifié d sauvage, nègre, primitif puis premier, méprisé par le public et même par de grands esprits, ne sera admis que tardivement comme une expression majeure. Il est aujourd'hui reconnu selon certains critères: absence d'écriture dans son peuple, isolement et ruralité, technicité modeste, expression puissante et essentiellement religieuse.
Les artistes européens sont alors éberlués par tant de force plastique et tant d'inventivité. Leur propos n'est pas ethnologique; ils ignorent la fonction des objets, masques ou statues. Les oeuvres tribales rejoignent la quête qui est la leur en ces temps d'incertitude: l'anecdote, l'imitation, l'expression psychologique sont abandonnées au profit de concepts universels. Déjà, Cézanne avançait dans cette voie où l'esprit de synthèse et la géométrisation conduisent à l'essentiel. Les cubistes d'abord, mais aussi tous les mouvements, de l'expressionnisme à Dada ensuite, seront redevables à l'art tribal.
La rencontre stylistique est aussi la rencontre de civilisations différentes, et non inférieures. Les artistes dans leur ensemble et quelques remarquables savants comme Lévi-Strauss proclament la grandeur de ces peuples.
Le sujet traité ici concerne les arts africains et océaniens. Il y aurait lieu de s'intéresser également au contact entre les artistes américains, dans les années 40, et les civilisations tribales d'Amérique. L'attitude est alors tout autre, plus proche des mythes que du langage plastique à proprement parler. La conférence évoque ces quelques années décisives du tout début du siècle et tente de réaffirmer l'incontournable nécessité de la rencontre des différences.
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